Interview réalisée par Emmanuel Moulin pour le magazine Meditation france
Avant ta rencontre avec le Tantra, tu travaillais déjà dans le domaine social, notamment dans l’animation sociale et la formation. Qu’est-ce qui t’avait poussée, à l’époque, à t’inscrire à ce premier stage de Tantra ? Avais-tu une attente particulière ou étais-tu simplement curieuse de découvrir quelque chose de nouveau ?
Dans mon imaginaire, j’avais toujours associé le Tantra à l’Inde, à ses couleurs, ses odeurs, ses musiques, ses vibrations mais aussi sa spiritualité. Je suis très attachée à l’Inde. Lorsque j’ai entendu parler d’un stage tantra, j’ai tout de suite perçu la chance inouïe qui m’était offerte de pratiquer le Tantra et de recevoir un enseignement spirituel. Je me suis sentie appelée !
J’aspirais à trouver un univers où tu vas aller à la rencontre de toi-même. Avec un accompagnement. Et en collectif. J’adore le collectif ! Vivre autrement la
rencontre avec l’autre, l’autre par forcément féminin ou masculin, l’autre d’une manière générale, avec un accompagnement spirituel.
Je voyais cela comme quelque chose d’un peu magique, hors du commun, hors des dogmes, un espace pour soi. J’étais curieuse et j’avais aussi un peu d’appréhension. Une envie de dépassement de soi, de guérir des blessures, une envie d’explorer cette manière différente de rencontrer l’autre.
Tu dis que ta première expérience du Tantra a été une véritable révélation, « ton plus beau voyage ». Qu’est-ce qui s’est passé lors de ce premier stage ? Qu’as-tu découvert ou ressenti qui a été suffisamment fort pour transformer ton chemin ?
Ça a été comme une renaissance, une reconnexion à moi-même. J’ai retrouvé ma liberté, mon innocence d’enfant, ma spontanéité et ma joie. J’ai découvert comme j’étais vivante, belle et libre. Je me suis autorisée à être authentique. J’ai appris à me respecter et à me dégager des attentes des autres, de mes conditionnements et de mes projections. C’était comme un effeuillage pour revenir à l’origine de
moi-même.
Quand tu as la chance de participer à un stage qui te mène directement au centre de toi-même alors qu’il y a des gens qui passent une vie à se chercher, tu sais que c’est ta voie !
Tu as ensuite suivi pendant de nombreuses années lesenseignements de Ma Arshi et la vision du Tantra d’Osho, et tu continues aujourd’hui dans cette lignée. Qu’est-ce que tu as reçu de Ma Arshi, au-delà
des techniques et des pratiques ?
Arshi m’amontré le chemin de la connexion du cœur à cœur. Je me suis sentie chez moi dans ces stages. C’était comme un retour à la maison. J’étais aussi très touchée par le choix de ses musiques.
Par la qualité de sa présence, elle m’offrait une sécurité suffisante pour que je puisse m’épanouir et oser être, en revenant à mon authenticité et dans mon
cœur. Au fil des années, ses stages sont devenus pour moi un ancrage, une respiration dans mon quotidien.
Tu portes le nom tantrique (sannyas) Ma Nanda Sahila, qui signifie « Celle qui guide par la joie ». Que représente ce nom pour toi ? Et avec le recul, trouves-tu qu’il correspond à la femme et à l’accompagnante que tu es devenue ?
Prendre sannyas, a été pour moi prendre la décision de faire du Tantra mon chemin de vie, progresser personnellement et aller plus loin dans ma connaissance du Tantra. Pour devenir le Tantra. Je l’avais choisi, « Le Tantra ferait partie de ma vie, ce serait ma façon de vivre. » Une manière différente de
relationner, de vivre au quotidien, d’appréhender la vie.
« Sahila celle qui guide » a résonné immédiatement en moi. J’ai toujours eu la fibre de la transmission. J’ai accompagné des personnes toute ma vie. Je suis née pour guider. Et la joie, c’est le sourire du cœur. Il me porte dans toutes mes pratiques.
Pour toi, le Tantra est-il avant tout une voie de méditation et de conscience ? Peut-on réellement entrer dans le Tantra sans passer par une expérience méditative ?
Pour moi, c’est une voie spirituelle d’éveil avant tout. C’est aussi un art de vivre le quotidien, la relation, l’intimité. C’est une voie sacrée pour relationner dans
l’intime avec l’autre. Mais tu ne peux pas pratiquer le Tantra sans être présent à toi-même. Sinon tu passes à côté du Tantra. Et c’est par la pratique de la méditation que tu peux entrer dans cet espace de silence et de présence.
Regard réceptif, toucher conscient… sans méditation, c’est de la poudre aux yeux.
On a la chance d’avoir une voie royale pour connecter cet espace du Silence intérieur, cet état de méditation, cette activation de l’énergie grâce aux méditations actives d’Osho.
Tu es également psychopraticienne professionnelle de la relation d’aide. En quoi cette autre facette de ton parcours nourrit-elle ta manière d’accompagner les personnes dans le Tantra ? Et inversement, est-ce que le Tantra a transformé ou enrichi ta façon d’être thérapeute ?
C’est simple, pour moi, ces 2 pratiques sont une voie du cœur, ce sont deux voies existentielles avec un prisme différent mais l’intention est la même : trouver le chemin pour vivre sereinement avec soi-même et avec les autres. On y retrouve les mêmes fondamentaux : connexion à soi, connexion aux autres, exprimer son besoin, savoir dire non, se respecter et respecter l’autre, poser ses limites, se faire confiance et faire confiance, trouver une harmonie entre amour et sexualité.
Mon expérience de thérapeute dans le traitement des traumas du développement m’aide à penser des ateliers qui permette à chacun, à travers la pratique du Tantra, de trouver une sécurité intérieure. A proposer des situations pour explorer la rencontre, la relation à soi, à son corps, à l’autre, de manière positive voire réparatrice. Je suis vigilante à ne pas proposer des situations qui risqueraient de re traumatiser.
Dans mon cabinet, le Tantra m’aide personnellement à offrir une qualité de présence et d’écoute, une permanence dans ma posture. Il m’amène à accompagner les personnes à développer leur capacité à vivre dans le présent plutôt que de persister à s’identifier à leur passé.
Tu es aujourd’hui l’une des personnes qui font connaître et vivre le Tantra dans le Grand Est, notamment à Nancy, Metz et dans les Vosges. Est-ce que tu as le sentiment que le Tantra est encore relativement peu connu dans cette région ? Comment les personnes qui viennent à ta rencontre découvrent-elles généralement cette voie ?
Il n’existait pas de Tantra à Nancy. Il a fallu que je me déplace dans le Sud pour pratiquer ! Toutefois, depuis quelques années, les pratiques de développement personnel se multiplient. Depuis le covid en fait, avec beaucoup de reconversions professionnelles. Et une plus grande sensibilité à ce qui nous entoure et à ce que l’on vit. Le Yoga est arrivé chez nous il y a une dizaine d’années seulement. Alors le Tantra !...
Je ne sais pas vraiment comment les personnes qui viennent à ma rencontre découvrent la voie du Tantra. Lorsqu’elles s’inscrivent à mes stages, c’est qu’elles ont soit entendu parler de ma pratique par le bouche-à-oreille, ou alors parce qu’elles ont été interpellées par des thématiques dans l’une de mes publications Facebook ou Instagram. Certaines personnes sont orientées par un thérapeute.
Ton approche s’intitule « Tantra, la voie du cœur ».Pourquoi était-il important pour toi d’associer le Tantra au cœur ? Que signifie pour toi cette « voie du cœur » ?
Pour moi, c’est la voie la plus aboutie de toutes les pratiques qui existent, pour révéler ton être, revenir à l’origine de l’existence. C’est une pratique qui ne peut être dissociée du cœur. Tu ne peux pas faire de Tantra sans être dans le cœur. Le Tantra, c’est se reconnecter à ce cœur qui n’a pas peur d’être blessé, qui est vivant et qui peut aimer. Quand je dis amour, je parle de l’Amour
Absolu. Cet amour qui donne naissance à la vie. Cette vibration de l’amour qui fait pousser les arbres. C’est l’amour qui fait vivre toute chose. C’est l’Existence. Sans interdit. C’est « Être » et ça passe par le cœur.
Il n’y plus de mental. Le Tantra ne peut pas être dissocié du cœur.
Le Tantra ça touche ton cœur, et c’est bon, c’est savoureux. Vulnérabilité, authenticité, intégrité, plus de faux semblants. Tout se rassemble à ce niveau-là.
Le Tantra c’est une pratique vivante. Ce n’est pas une transmission de connaissance, ça s’expérimente, ça se vit, ça nous transforme à travers sa pratique. Et c’est pour cette raison qu’il était si important pour moi de le partager ici dans le Grand Est. C’est un cadeau de la vie à partager avec le plus grand nombre !
Virginie Sahila Renoult est thérapeute humaniste, psychopraticienne et facilitatrice en Tantra. Elle
propose un accompagnement thérapeutique ainsi que des ateliers mensuels et des stages de Tantra en week-end, ouverts aux célibataires et aux couples, des
séjours Tantra en été, des sessions de Rebirth et des groupes de méditations actives à Nancy, Metz et dans les Vosges.
Inscriptions aux stages : 06 77 06 77 33 · lejardindulotusnancy@gmail.com
Site Tantra : www.tantralavoieducoeur.com
Site thérapeutique : www.virginie-renoult-psychopraticienne.fr

